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Category: Actualités des mobilisations

Organisons la riposte pour défendre une université publique, ouverte et de qualité

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Ce texte est un appel à la tenue d’états-généraux du syndicalisme étudiant. Rédigé collectivement par de multiples sections syndicales, il a été publié avec les signatures de l’UET, de l’AGEPS, de Une alternative pour l’UBO, de l’Armée de Dumbledore de Rennes 2, de l’AEM, de Solidaires Étudiant-e-s Lyon, de Solidaires Étudiant-e-s Rennes, de la RAGE’UP, de l’UNEF Auvergne, de l’UNEF Bordeaux, de l’UNEF Grenoble, de l’UNEF Le Mans, de l’UNEF Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l’UNEF Paris 5 Descartes, de l’UNEF Reims – Champagne-Ardenne et de l’UNEF UVSQ. Nous le reproduisons ici tel quel.

L’enseignement supérieur subit depuis plusieurs années un démantèlement méthodique organisé par les gouvernements successifs. La réduction des budgets de nos établissements a créé des dysfonctionnements qui véhiculent l’idée que le service public serait défaillant et que les universités seraient des structures archaïques. Cela permet aujourd’hui de justifier les politiques managériales, les suppressions de postes et les projets de fusion d’établissements, créés sur mesure pour enrichir des groupes privés et grappiller des places dans les classements internationaux. La mise en place de Parcoursup et de la sélection en master laissent sur le carreau des milliers de jeunes qui sont contraint·es de se salarier, d’effectuer des stages sous-payés ou de suivre des formations privées afin d’espérer obtenir un diplôme. Le Plan Étudiant de Macron et Vidal (Parcoursup, suppression de la compensation et des rattrapages…) vise à individualiser les parcours de formation et à délivrer des diplômes à la carte, en fonction des profils. Alors même que le manque de moyens humains et financiers dégrade la qualité des contenus pédagogiques, la conséquence de ces politiques ne peut être que la dévalorisation des diplômes et donc l’affaiblissement des protections collectives des étudiant·es en tant que futur·es salarié·es. Finalement, l’objectif du gouvernement est clair : marchandiser le savoir et instaurer une concurrence généralisée entre les étudiant·es, les filières et les établissements.

Pour la première fois en France, le mouvement étudiant n’est pas parvenu à faire reculer un projet de loi instaurant la sélection à l’entrée de l’université. Il faut prendre la mesure de cette réalité historique pour envisager la suite. Cette défaite ne vient pas de notre immobilisme mais du fait que nous ayons combattu la sélection en ordre dispersé, en raison notamment de la multiplication des cadres de coordination et des difficultés des organisations syndicales nationales à proposer un plan de bataille combatif qui s’adresse largement au milieu étudiant. Le rythme des réformes libérales du gouvernement, relayées par la FAGE sur les universités, nous impose d’organiser une résistance à la hauteur des attaques. Par-delà les différences stratégiques, le rassemblement des forces syndicales et combatives du mouvement étudiant est une priorité pour construire un véritable rapport de force et mettre un coup d’arrêt aux politiques en cours.

En conséquence, nous appelons à la réunion d’états-généraux du syndicalisme étudiant les 7, 8 et 9 décembre 2018 en région parisienne. Le mouvement étudiant, malgré des difficultés, a su prouver sa vitalité au printemps dernier. Cette rencontre est l’occasion de nous faire prendre conscience de nos forces, dans le but de reconstruire un syndicalisme étudiant utile et efficace. Nous invitons donc toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à y participer pour échanger, se doter d’outils de coordination, et élaborer un plan de bataille commun pour les mobilisations à venir. Nous appelons enfin tou·tes les étudiant·es à s’organiser sur leurs lieux d’étude dans les semaines et les mois à venir pour défendre une université gratuite, émancipatrice, et ouverte à tou·tes.

FAQ – Résumé de la semaine agitée qui vient de s’écouler au Mirail

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Que signifie l’échec de l’IDEX ?

Lundi dernier, nous n’avons pas obtenu le label « initiative d’excellence » censé, par la recherche et l’innovation, accroître la compétitivité et le rayonnement à l’international de notre université. Les raisons évoquées par le jury international sont les suivantes : « recurring divisions among major players of the site […] and a turbulent internal political setting ». Ce qu’il manque au projet, c’est aussi « the willingness to think independently of existing legal or administrative contraints ». On vous laisse traduire. #BullshIDEX

Autrement dit, Toulouse ne touchera pas les maigres subventions promises par l’obtention de ce label. Pour notre mouvement, il s’agit d’une petite victoire en soi. En effet, sans IDEX, le projet de fusion en lui-même « devient caduque », selon les mots de Daniel Lacroix, ex-président de l’université Jean Jaurès.

Le projet de fusion avec l’UT3 est-il pour autant arrêté ?

Non ! À la suite d’une discussion avec Daniel Lacroix, il avait été convenu qu’un retrait du projet serait envisagé et soumis au vote du Conseil d’Administration du mardi 20 mars. Arrivé·e·s sur place, les opposant·e·s au projet ont pu constater que ce point n’avait pas été rajouté à l’ordre du jour. Le CA a donc été envahi par les grévistes et n’a pas pu se tenir. A ce jour, le projet de fusion est toujours en cours. Et il est d’autant plus dangereux que, dans un communiqué ministériel, l’État a réaffirmé son soutien à la création d’un nouveau projet qui regroupera les « acteurs du site toulousain ». Notre combat garde donc tout son sens et il nous faut sortir nous exfiltrer de ce projet au plus vite, avant que le gouvernement ne nous force la main.

Que signifie la mise sous tutelle de l’université par le ministère ?

Mardi midi, nous avons été notifiés par diverses sources concordantes qu’une mise sous tutelle du Mirail par le ministère se préparait. En effet, un communiqué de Frédérique Vidal, ministre de l’ESR, a par la suite été publié annonçant la dissolution des conseils centraux de l’université, grâce à l’article L. 719-8 du code de l’Éducation. Cette décision ferait suite à l’empêchement du cinquième CA consécutif, preuve que le mouvement de grève paralysait bel et bien l’université au point d’embêter le ministère. Dans les faits, cela signifie donc que Daniel Lacroix a été remercié et n’est aujourd’hui plus président de l’université. De même, les vice-président·e·s, les élu·e·s en CA, CFVU et CR ont été démis·es de leurs fonctions. L’organisation de nouvelles élections générales a par ailleurs été annoncée.

En quoi cette situation est inédite et inquiétante ?

Pour commencer, cela ne s’est jamais produit en France par le passé. Jusque là, les mises sous tutelle étaient réservées aux universités jugées coupables de mauvaise gestion budgétaire. On accordait un semblant de démocratie universitaire, et le ministère se contentait de resserrer la vis en cas d’égarement des représentant·e·s élu·e·s. Dans notre cas, la situation est différente puisqu’aucun budget n’a pu être voté. Les « cadres démocratiques » de l’université étaient à l’arrêt du fait du mouvement de grève. Nous étions devenu·e·s inopérant·e·s de manière interne et tout à fait légitime, par l’absence de quorums ou l’envahissement des conseils. Cela n’a donc pas plu au ministère qui a placé un administrateur provisoire de manière tout à faire autocratique, leur permettant ainsi de continuer leur politique néolibérale comme si de rien n’était. Cette décision ouvre une ère d’ingérence institutionnelle sans précédent. Nous sommes les premiers à dénoncer la mascarade qu’est aujourd’hui la démocratie à l’université, néanmoins Daniel Lacroix était plus légitime à gérer l’université qu’un pion du ministère, et ce malgré ses trahisons. Lacroix était élu démocratiquement, par un système certes critiquable (et critiqué), mais qui vaudra toujours mieux que la décision verticale d’un organe de pouvoir ! N’oublions pas que sous la présidence de Lacroix, la CFVU avait voté le refus des attendus et des capacités d’accueil, envoyant ainsi un signal fort au ministère quant à la loi ORE. Cette prise de position sera-t-elle toujours valable sous l’administration provisoire ? Enfin, cette décision est extrêmement inquiétante pour l’avenir des mouvements sociaux dans les universités. Par cet arrêté, le ministère met un coup de pression aux présidents de facultés, les incitant à canaliser leurs étudiant·e·s et personnels mobilisé·e·s (pour ne pas dire tuer dans l’œuf toute tentative d’organisation politique), et en les menaçant de destitution. En cas d’agitation étudiante, les présidents de facs seront-ils nécessairement purgés à l’avenir ? Tout est possible maintenant que la ligne rouge a été franchie.

Qui est l’administrateur provisoire du Mirail ?

Le nouvel administrateur est Richard Laganier, ancien président de l’université de Guyane, professeur en géographie à Paris 7 et chercheur au CNRS. Il travaille plus spécifiquement sur la gestion des territoires. Il est également connu pour être un conseiller très proche du ministère de l’ESR, ce qui laisse penser que le gouvernement a désormais la mainmise totale sur l’université.

Qu’en est-il de la menace d’intervention policière ?

Plusieurs sources solides nous ont annoncé une intervention policière imminente au Mirail pour déloger les occupant·e·s et débloquer la fac de force. Si l’information a été démentie ensuite par le ministère, il s’agit d’un rétropédalage de sa part, regrettant sans doute la polémique créée à l’annonce de la mise sous tutelle. A l’heure actuelle, Richard Laganier a assuré qu’il ne ferait pas intervenir les forces de l’ordre sur le campus. Nous restons méfiant·e·s et alertes, quoiqu’il advienne.

L’université est-elle actuellement occupée ?

Oui. Depuis l’annonce de la mise sous tutelle, le Grand Amphi est occupé en plus du 3ème étage de l’Arche. Passez quand vous le souhaitez.

Un blocage illimité a-t-il été voté en représailles ?

Plusieurs médias ont annoncé l’adoption d’un blocus permanent par les étudiant-es grévistes. Il s’agit là d’une fausse information. S’est tenue mardi une réunion de crise, aucunement décisionnaire, et non une Assemblée générale. La poursuite ou non du blocage se verra décidée ce lundi, à l’AG de 12h30.

Qu’en est-il des élections ?

Le ministère a annoncé la tenue de nouvelles élections générales au Mirail, sous 3 mois. L’AG du jeudi 22/03 a refusé cette date-butoir et a voté la tenue d’élections à la rentrée prochaine. Des élections en mai/juin seraient catastrophiques en terme de représentativité démocratique notamment puisqu’elles tomberaient en pleines périodes de partiels pour les étudiant·e·s.