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Protections périodiques : à quand la gratuité ?

Posted in Communiqués de presse

L’Écosse vient d’annoncer, dans le courant de la semaine dernière, la mise en service gratuite par les universités de protections périodiques (des tampons, des serviettes mais aussi des cups !) pour l’ensemble des étudiantes. Le projet a pour but de mettre définitivement fin à la « period poverty », c’est-à-dire faire en sorte que toutes sans conditions puissent avoir accès aux produits de première nécessité que sont les protections périodiques. Une première mondiale, qui n’est pas sans nous donner des idées : et si, à l’avenir, les étudiantes n’étaient plus obligées de galérer pendant leurs règles ? Et si l’on brisait le tabou hygiéniste et misogyne qui règne en maître autour des règles, en commençant à l’université ?

Parce que le sujet touche à l’intime, il est bien trop souvent passé sous silence. Or, parler ouvertement des menstruations, les poser comme un sujet politique, n’a rien de sale ou de dégradant. Une femme sur dix a recours à des protections de fortune (vieux vêtements ou cartons) car elle ne peut pas se permettre d’en acheter. Chaque mois, une femme consacre 5 à 8 euros de son budget dans l’achat de protections périodiques. À l’échelle étudiante, entre les APL qui baissent et les tarifs Tisséo qui augmentent, chaque dépense compte et cet achat représente un poids conséquent. Une femme sur cinq en moyenne subit la précarité menstruelle, ce qui parasite de fait les chances de suivre ses études et d’obtenir son diplôme de manière correcte. Depuis le 1er avril, la LMDE rembourse jusqu’à 25 € par an de protections périodiques. Il s’agit d’une première en France, signe que le phénomène atteint une ampleur qui nécessite une prise en charge publique. Les collectes et redistributions organisées par les associations féministes sont des dépannages utiles qui ne permettent pas de répondre au problème : à défaut d’une réaction de l’État, il faut que les universités prennent leurs responsabilités. Les budgets universitaires peuvent financer les protections périodiques des étudiantes, il suffit d’une volonté politique qui aille en ce sens.

L’UET revendique la mise en place de distributeurs gratuits de tampons et de serviettes dans les toilettes de chaque université. Nous appelons Corine Mascala, présidente de l’UT1, Richard Laganier, administrateur de l’UT2 et Jean-Pierre Vinel, président de l’UT3 à se positionner sur la question. Faites de Toulouse une ville où il fait bon d’étudier pour toutes.